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    Dans notre volonté de représenter l'hospitalité, nous rencontrons Nicolas, un ancien de l'ALPIL, avec qui il sera davantage question d'inhospitalité.

     

    « L'inconvénient en France, c'est qu'on fait beaucoup trop de listes, listes de ceux qui pourront accéder à un programme de réinsertion, liste de ceux qui arrivent, de ceux qui sont là depuis longtemps, etc. Comment faire ces listes, sans penser à ce que ça implique, sans penser au passé ?!

     

     On accueille de la même façon depuis dix ans. Il y a bien des outils, comme la réquisition ou l'occupation précaire, mais en 10 ans à l'Alpil, je n'ai rédigé que 2 conventions d'occupations précaire ! Quand on sait qu'on héberge dans des hôtels plus que limites, qui n'ont plus aucunes étoiles, qui sont insalubres, et qui malgré tout proposent de l'hébergement sans tarif préférentiel, pouvant aller jusqu'à 60 euros la nuité... En fait ces hôtels, d'une certaine façon, se paient une rénovation au frais de l'Etat ?!

     

    Les accords de shengen définissent le délit d'indigence dans l'article 5, en demandant à toute personne d'avoir des moyens de subsistance suffisants ! Certaines OQTF (obligation à quitter le territoire français) peuvent être délivrées conformément à cet article !

     

    Il était convenu que le plan froid serait pérennisé sur l'année après l'action des enfants de donquichotte, mais ça ne s'est pas fait. Maintenant le plan froid est devenu renfort hivernal... C'est un peu le syndrome de NIMBY (Not In My BackYard, oui pas chez moi) !»

     

     

     


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    Depuis le 19e siècle, nous assistons à une profonde modification de nos villes, notamment liée au renversement du rapport à l'ennemi. Les fortifications, protections contre l'ennemi extérieur, tombent au profit des élargissements de rue permettant de contrer les révoltes à l'intérieur même des villes. Et depuis le 21 e siècle, ce sont systèmes d’empêchement et de contrôle qui se sont infiltrés plus que dans nos rues, dans nos pensées et dans les méthodes de réflexion et de production de l'urbain.

    L'espace public, à ce titre, produit de l'espace lisse, de l'espace normé. Et la norme voudrait minimiser, voire gommer ou supprimer « ce qui peut gêner » et « ce que l'on ne veut pas voir », entre autres le pauvre qui sans-abri squatte sur un banc, qui Rrom voudrait y construire, qui ouvrier vit dans sa voiture, qui prostitué travaille dans son camion, qui usager cherche à s'approprier les espaces, etc.

     

    À l'inverse de l'espace normé, on pourrait opposer l'espace de l'hospitalité. Non comme une valeur misérabiliste, mais comme l'espace d'un possible. Possible car l'hospitalité porte en elle la distance, l'asymétrie, le conflit, le compromis, le sacrifice, nécessaire à la pensée de l'urbain. « L'hospitalité est une épreuve, au sens où elle engage un renversement de situation qui est ni plus ni moins la transformation de l'ennemi en hôte » Anne Gotman. Possible, parce que l'étranger (nationalité / usage / mode de vie...) pourrait non plus être considéré comme un ennemi, mais comme l'émissaire d'une autre cité ! Et si cette cité était l'Utopie ?


    « Jamais nous ne considérons ces femmes, ces hommes, ces enfants comme des citoyens en plus, comme de précieux co-habitants.(...) Jamais nous n'envisageons cultiver les constructions infimes peut-être, mais vivantes assurément, qu’ici mêmes, sur les trottoirs de Paris ou dans la Jungle de Calais, une multitude de nous-autres ont risquées. Jamais nous ne voyons là, avec joie, frémir des mondes à venir. » Sébastien Thiéry, politologue et coordinateur du PEROU.

     


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